Comment voyager à Annecy pour une expérience inoubliable
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Lire →La plupart des voyageurs foncent tête baissée vers Barcelone et ignorent superbement Mataró. C’est une erreur monumentale. Ici, pas de files d'attente interminables ni de hordes de touristes accrochés à leur guide audio. Mataró, c’est la Catalogne d’avant la surexposition, celle qui sent le sel, le romarin et le béton chaud. Une ville qui vit, respire, et ne se plie pas en quatre pour plaire. Pour découvrir des sites locaux aux couleurs de chaque saison, on peut consulter ce guide sur chaque nom de fleur.
Appeler Mataró « la petite Barcelone » est un raccourci aussi paresseux qu’incorrect. Oui, elle est à 30 km de la capitale catalane. Mais cette ville de plus de 129 000 habitants s’enorgueillit d’un caractère bien trempé. Elle n’est pas dans l’ombre de Barcelone - elle en est l’antidote. Ici, les rues ont du rythme sans avoir perdu leur âme. Le centre-ville, bordé de palmiers et de façades modernistes, respire une élégance discrète. Pas de façades repeintes à la va-vite pour les photos Instagram, juste une vie locale bien ancrée, avec ses marchés couverts, ses bistrots familiaux et ses terrasses tranquilles.
La ville revendique une identité propre, renforcée par son rôle de capitale du Maresme - cette région côtière entre montagne et mer, fière de ses racines. Les habitants ne sont pas des figurants dans un décor touristique, mais des acteurs d’une histoire qui continue. Et pour cause : Mataró n’est pas une destination, c’est une ville qui existe, tout simplement. Une ville où on peut flâner le matin dans les ruelles pavées, déjeuner d’un plat de riz à l’ail avec des locaux, et finir la journée les pieds dans l’eau, sans jamais sentir qu’on empiète sur une scène de théâtre.
On connaît Gaudí, mais on oublie souvent Puig i Cadafalch - un autre géant du modernisme catalan. Et pourtant, ses empreintes sont partout à Mataró. La Casa Coll i Regàs est l’un de ses joyaux les plus achevés. Ce bâtiment, avec ses fenêtres en ogive, ses sculptures végétales et son escalier intérieur en forme de spirale, n’est pas un musée poussiéreux : c’est un lieu vivant, symbole d’une époque où l’art et l’architecture se sont alliés pour libérer la ville du carcan classique. Visiter cet édifice, c’est comprendre que Mataró n’a jamais été une banlieue anonyme - elle a été pensée, sculptée, revendiquée.
Sous le bitume moderne bat le cœur d’Iluro, une colonie romaine fondée au Ier siècle avant J.-C. Le Musée d’Archéologie de Mataró regroupe des pièces exceptionnelles : mosaïques intactes, amphores, outils de forge, objets du quotidien. Mais ce qui frappe, c’est de marcher dans le centre-ville et de réaliser que chaque rue pourrait cacher une tranchée archéologique. Contrairement à d’autres villes qui ont effacé leur passé antique sous des immeubles de béton, Mataró assume ses strates. Ce n’est pas du marketing. C’est du concret : une ville qui se construit sur des siècles, sans renier ses fondations.
La Platja de Sant Simó n’a pas besoin de bronzage sur Instagram pour exister. C’est une plage fonctionnelle, propre, sans chichi, fréquentée par les familles et les jeunes venus se rafraîchir après le boulot. L’eau est limpide, le fond plat, et les équipements suffisants : douches, transats, points de restauration. Pas de sable doré de carte postale, mais un sable gris-ocre, honnête, qui ne prétend pas être ce qu’il n’est pas. Ici, pas de chiringuitos surfaits à 18 € le mojito. Juste quelques bars en dur, avec des bières à prix local et des tapas préparés comme on les fait chez soi.
Ce n’est pas Barcelone, et c’est tant mieux. Le port de plaisance de Mataró offre une alternative calme, sans les tarifs exorbitants du sud. On peut louer des kayaks, faire un tour en paddle, ou s’inscrire à une initiation à la voile en quelques clics. Pour les amateurs de plongée, les fonds marins autour de la jetée abritent une faune discrète mais bien réelle - bars, sébastes, parfois même des mérous. Et contrairement à d'autres zones hyper-fréquentées, l’ambiance reste détendue. Explorer la côte environnante offre une liberté totale, surtout si vous optez pour un camping car sans permis.
À deux pas du littoral, la chaîne côtière catalane invite à l’évasion. Les sentiers de la Serralada Litoral sont accessibles en moins de 15 minutes de voiture ou en bus local. Pas besoin d’être un alpiniste confirmé : des parcours modérés permettent de gagner des points de vue époustouflants. Depuis les hauteurs, on découvre Mataró en contrebas, étalée entre mer et collines, avec en toile de fond la silhouette des Pyrénées par temps clair. Les sentiers, bien balisés, traversent des zones de garrigue où dominent le thym, le romarin et le chêne kermès. L’air y est plus sec, plus pur. Un vrai reset après une matinée en ville.
Un peu plus à l’intérieur, ce parc naturel régional offre des itinéraires plus exigeants, mais tout aussi récompensants. Entre forêts de chênes-lièges, sources naturelles et ruines de masias anciennes, on croit parfois marcher en pleine Sierra. Et pourtant, en redescendant, on retrouve la mer en ligne de mire. C’est cette dualité qui fait le sel de la région : en une heure, on passe du bleu profond au vert sombre, du bitume au sauvage. Parfait pour les voyageurs qui veulent du vert après le bleu de la plage.
Le plus simple ? Le train. La ligne Rodalies R1 relie directement Barcelone (gare de França ou Passeig de Gràcia) à Mataró en 35 à 45 minutes, selon les correspondances. Les trains sont réguliers, confortables, et pas plus chers qu’un taxi. Pour ceux qui préfèrent la liberté, la voiture est une excellente option : l’autoroute C-31 y mène sans souci, et les parkings en ville sont globalement abordables - surtout hors été. Pas besoin d’un guide, ni d’un plan compliqué. C’est rapide, efficace, sans prise de tête. Et pour les voyageurs nomades, la possibilité de circuler librement avec un camping car sans permis transforme l’expérience.
Faire l’impasse sur Mataró au profit de Barcelone, c’est sacrifier authenticité et tranquillité à la facilité. Mais choisir son moment, c’est aussi éviter les pièges du surcoût et de la surfréquentation. Mataró vit au rythme des saisons, et chaque période a ses atouts.
| Période | Affluence | Climat | Budget moyen constaté |
|---|---|---|---|
| Printemps (avril-juin) | Modérée | Chaud mais pas étouffant, ciel dégagé | Bas à moyen |
| Été (juillet-août) | Élevée | Chaud, ensoleillé, pics d’affluence | Haut |
| Automne (septembre-octobre) | Modérée à faible | Températures douces, mer chaude | Moyen |
| Hiver (novembre-mars) | Faible | Frais, parfois pluvieux, mais sec | Bas |
On le sait : dès qu’un endroit devient « le nouveau truc à faire », la magie s’efface. Mataró, aujourd’hui, est encore à ce point de bascule - une ville qui accueille sans se prostituer. Elle a tout : du patrimoine, une côte vivable, des montagnes à portée de basket, et une culture catalane bien ancrée. Pas besoin de chercher l’authenticité : elle est là, en plein jour, sans artifice.
Mais attention : plus on en parle, plus ça bouge. Les promoteurs immobiliers, les plateformes de location courte durée, les premiers flux organisés de groupes… tout ça suit. Alors oui, on peut encore poser sa serviette sans se battre pour un centimètre carré. On peut encore discuter avec un pêcheur sur le port, ou prendre un verre dans un bar sans playlist électro.
Le vrai luxe, aujourd’hui, ce n’est pas une chambre d’hôtel à 300 € la nuit. C’est de pouvoir respirer. Mataró, c’est ça : une ville qui respire, et qui vous laisse respirer. Et si vous voulez vraiment tirer le meilleur de cette destination, pensez à la liberté de mouvement - un camping car sans permis, un vélo, ou simplement des chaussures solides. Parce que l’essentiel, ici, ce n’est pas de voir, c’est de vivre.